

L’artiste anglais a vu le jour à Beckenham en 1958 et reste indissociablement lié aux cinq albums de son groupe Japan
De son véritable nom David Alan Batt, le chanteur au look androgyne et principal compositeur du quintet anglais est souvent étiquetté de new wave intello. En fait, la basse ronflante de Mick Karn (et quelques instrument à vent inusités dans le rock); la rythmique tantôt délicate, tantôt implacable de Steve Jansen à la batterie ainsi que les claviers de Richard Barbieri apportaient chacun une pierre à un édifice musical parfois abrupt mais le plus souvent d’une indicible beauté. La seule écoute de "Nightporter" sur le somptueux album "Gentleman Take Polaroïds" en 1980 vous en convaincra. Sept minutes de grand frisson et de pur bonheur…
En 1991, bien que composé des mêmes musiciens, le projet Rain Tree Crow marque la fin d’une aventure. Chaque protagoniste n’avait pas attendu cette dernière sortie ensemble pour commencer à explorer des territoires plus personnels. Avec une dizaine d’albums de plus en plus expérimentaux sous son nom, David Sylvian a tantôt navigué dans les mêmes eaux que Japan avant de larguer les amarres pour l'inconnu. On retiendra notamment "Forbidden Colours", sa collaboration avec Ryuichi Sakamoto pour "Goobye Mr Laurence", le film de Nagisa Oshima (1983) dans lequel David Bowie obtient son plus rôle au cinéma.
Toujours prolixe et avide collaborations notamment avec le guitariste Robert Fripp ou le pape du krautrock Holger Czukay, David Sylvian s’est néanmoins enfoncé dans les brumes d’un certain anonymat. Un de ses derniers enregistrements "There’s A Light That Enters Houses With No Other House In Sight" en 2014 fait preuve, aussi surprenant que cela puisse paraître, d’une certain second degré. Dans le titre tout du moins !
(Stéphane Soupart - Photo : © Etienne Tordoir)
Photo : Davi Sylvian avec Japan sur la scène de l’Aula Q de la VUB à Bruxelles (Belgique) en octobre 1982






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