

L’ancien chanteur charismatique de Genesis nous a habitué à de longues périodes d’hibernation suivie d’une forme d’hyper-activité.
Depuis trois ans et la sortie, longuement attendue, de l’album "i/o", on le retrouve sur tous les fronts ; une douzaine de chansons toutes assorties de deux versions complémentaires, une tournée mondiale après presque dix ans d’absence et même un album en public "Big Room" (2025) témoignage de celle-ci.
Une fois n’est pas coutume, Peter Gabriel recycle donc la même ligne directrice mais en effet miroir puisque son nouveau disque s’intitulera "o/i". Chaque nouvelle chanson verra donc le jour à la pleine lune dans version bright side puis assortie d’une version dark side mix à l’apparition du premier quartier suivant. "Been Undone" a ainsi vu le jour le 3 janvier dernier précédé par un message de l’artiste sur les réseaux sociaux, un "Bonne nouvelle o/i" qui nous change quelque peu des habituels voeux et embrassades sous le gui !
Cette année, petite nouveauté, chaque chanson est accompagnée d’un oeuvre d’art originale sensée enrichir le projet. La première réalisée par l’artiste brésilienne Janaina Melio Landini porte le nom un peu abscons de Ciciotrama 156 (Palindrome) et s’inscrit dans une série d’objets organiques à base de cordes qui évoquent des formes naturelles. Peter Gabriel développe ainsi les liens entre musique et arts visuels déjà esquissés depuis quelques années.
L’artiste anglais nous annonce vouloir explorer les sentiments comme il fait avec talent depuis des lustres mais aussi à réfléchir à l’avenir, aux transformations technologiques et à la place qu’elles laissent aux êtres humains. Avec ce brin de dérision qu’il mâchouille toujours avec autant de délectation, il avait ainsi confié au public de son dernier concert à Anvers : "Vous croyez que je suis physiquement présent devant vous mais je suis qu’un hologramme. Mon enveloppe charnelle se trouve au soleil loin d’ici en train de siroter un cocktail…"
Sur "Been Undone", on retrouve une idée chère à Peter Gabriel : le temps qui passe, ce qui a été construit peut être transformé ou plus exactement undone (défait). L’être est ainsi soumis à des forces extérieures (temps ou technologie par exempe mais aussi intérieures (vieillissement ou estompement de la mémoire). Car non, Peter Gabriel n’a toujours aucune intention d’enregistrer un nouvel hymne populaire facile à reprendre en choeur. Il possède déjà "Solsbury Hill" et "Sledgehammer" à cette effet…
Apprêtez-vous donc à passer l’année en compagnie de Peter Gabriel.
(Stéphane Soupart - Photo: © Etienne Tordoir)
Photo: Peter Gabriel sur la scène du Sportpaleis à Anvers (Belgique) le 6 juin 2023






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