

Fils des comédiens Jackie et Ferand Sardou, le chanteur qui a vu le jour à Paris en 1947. Il occupe une place à part dans l’imaginaire collectif hexagonal et compte presque autant de controverses que de triomphes populaires.
Plutôt que d’énumérer une fois encore uneimpressionnant de tubes trans-générationnels comme La maladie d’amour ou Le France, penchonnous sur certains des refrains ou prises de position, parfois sans nuance, d’un artiste que certains qualifient de réactionnaire et d’autres de vrai Français. Car en musique comme en interview, Michel Sardou possède des idées bien arrêtées sur la marche du monde comme sur les relation homard-femmes. Au risque de se prendre régulièrement des volées de bois verts. Dressons donc ensemble un petit panorama chronologique des sorties les plus provocatrices d’un artiste qui a souvent regretté qu’on prenne ses refrains ou ses prises de position au premier degré. A vous de juger de la pertinence de cette ligne de défense !
1967 – Les Ricains
A une époque où l’anti-américanisme fait florès en France, surtout à la gauche de l’échiquier politique, Michel Sardou prend le parti inverse non sans un argumentaire solide d’ailleurs. Quelques mois avant mai 68, la chanson fait couler beaucoup d’encre et est même bannie de l’antenne sur certaines radios. Il chante notamment avec sa force de persuasion habituelle: « Est-ce une raison pour oublier/Qu’un jour où on en a eu besoin/Un gars qui venait de Géorgie/Qui se foutait pas mal de toi/Est venu mourir en Normandie/Un matin où tu n’y étais ». Des paroles qui sonnent étrangement en ces temps de désengagement américain de l’OTAN.
1973 – Le surveillant général
En pleine réforme scolaire, le chanteur toujours friand d’allusions sexuelles voire sexistes est accusé de défendre une forme d’autorité patriarcale. Encore une fois, suite au scandale de Bétarrham et des violences sur mineurs commises dans cet établissement du sud-ouest de la France, possède comme un parfum actuel.
1975 – Le temps des colonies
Sur une mélodie chaloupée, l’ironie supposée de Michel Sardou est mal perçue par une partie du public. Certains n’hésiteront pas à purement et simplement taxer le chanteur de raciste invétéré. Il est vrai que, prises au premier degré, des phrases comme « Autrefois à Colomb-Béchar/J’avais plein de serviteurs noirs/Et quatre filles dans mon lit/Au temps béni des colonies ». L’artiste a toujours plaidé la satire mais sans convaincre une grande partie de l’opinion.
1976 – Je suis pour
Alors que le débat sur la peine de mort (abolie en France en 1981) fait rage, Michel Sardou revendique clairement l’application de la loi du talion. Ce plaidoyer d’une extrême. Violence. « Tu as volé mon enfant/Versé le sang de mon sang/Aucun Dieu ne m’apaisera/J’aurai ta peau/Tu périras ». Lui-même menacé de mort après la publication de cette diatribe, Sardou se défendra en affirmant que Je suis pour ne reflète pas son opinion personnelle mais une opinion qu’il tente d’analyser avec lucidité.
1977 – Dix ans plus tôt
Alors que #MeToo (et son pendant francophone Balance ton porte) peinent encore à obtenir des changements tangibles dans le comportement de certains hommes, la relation mise en scène ici ne transgresse pas tous les tabous mais s(avère plus que problématiques. A cette époque, ans que cela n’excuse rien, le flou artistique enveloppant les gamines dénudée d’Helmut Newton s’apparentaient à de l’art. A tort bien évidemment. On se demande si, près d’un demi-siècle plus tard, Sardou oserait encore écrire sans prendre une volée de bois vert : « Te souviens-tu d’un slow, dix ans plus tôt/Tu voulais m’épouser, quelle drôle d’idée/Tu n’avais pas 15 ans/Tu voulais faire l’amour/Comment fait-on l’amour ».
De Etre une femme (1981) à Musulmanes (1989), on pourrait citer une kyrielle d’autres titres pour simplement constater que, lors de ses derniers concerts en 2025, Michel Sardou a sagement décidé de faire l’impasse sur la plupart d’entre-elles…
(Stéphane Soupart - Photo: © Etienne Tordoir)
Photo: Michel Sardou sur la scène de Forest-National à Bruxelles (Belgique) en février 1984






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