

Mick Taylor a vu le jour en 1949 à Kelvin Garden City (excusez du peu !) en Angleterre. Si vous portez un certain intérêt au rock, vous l’avez certainement entendu sans pour autant vous souvenir de son nom
Fasciné par les grands bluesmen américains, il aurait sans doute aimé naître noir. Il a souvent expliqué qu’il écoutait certains artistes de manière obsessionnelle. B.B. King figure ainsi au sommet de son panthéon personnel. « Grâce à lui, j’ai appris que chaque note devait véhiculer une émotion propre » affirmera-t-il un jour. Mais il appréciait aussi Freddie King pour son jeu plus énergique mais aussi Albert King, trois rois du blues au sens propre. Elmore James, Muddy Waters, Otis Rush ou Howlin’Wolf figurent aussi parmi ses modèles. On peut difficilement rêver mieux comme professeurs.
On a un de mal à imaginer qu’une telle chose puisse se produire aujourd’hui mais c’est pourtant un fait historique. Après quelques expériences sans lendemain dans des groupes locaux, alors âgé de 17 ans, Mick Taylor se rend à un concert de John Mayall dans sa villa natale. En l’absence de Eric Clapton, il se faufile parmi les musiciens pour le remplacer. S’il s’éclipse avec sa discrétion habituelle après le concert, le chemin de Mayall et de Taylor se croisera à nouveau quelques mois plus tard lorsque le leader des Bluesbreakers cherchera un remplaçant à Peter Green. La carrière de Mick Taylor sera ainsi plus d’une fois balisée de rencontres fortuites et de heureux hasards.
Ainsi en 1969, après le départ tumultueux de Brian Jones, les Rolling Stones lui offrent de le remplacer. A peine âgé de 20 ans, Mick Taylor fait sans doute moins battre le coeur des midinettes mais il épaule Keith Richards à merveille. Ses lignes de guitare sur "Sticky Fingers" (1971) ou "Exile On Main St." (1972) restent des modèles d’élégance. Dans une interview accordée à "Rolling Stone", Taylor se souvient de ces quelques années épiques: « Travailler avec les Stones, c’était électrisant. Mais parfois, je me sentais un peu comme un invité. Les décisions étaient toujours entre Mick Jagger et Keith Richards. Un peu frustrant à la longue ». Responsable de soli majeurs de cette époque du groupe, sur "Sway" ou "Time Waits For No One", Mick Taylor reprend sa liberté en 1974.
Très rapidement, il rejoint l’historique Rolling Thunder Review de Bob Dylan en 1975 et 1976.« Avec Dylan, tout pouvait changer d’un soir à l’autre. C’était totalement imprévisible mais aussi assez excitant. Avec lui, c’est simple : il n’existe aucune règle ». Mick Taylor retrouvera d’ailleurs Dylan plusieurs fois par la suite en studio comme sur scène.
Après ces expériences pour le moins marquantes, Mick Taylor poursuit une carrière plus discrète. Il collabore avec Carla Olson ou Jack Bruce et n’enregistre, je crois, que deux albums personnels en 1979 et en 1998. Même s’il se produit régulièrement sur scène, bien que son talent soit reconnu par ses pairsMick Taylor reste le plus souvent souvent dans l’ombre et s’y trouve bien. Il est certainement un des guitaristes les plus sous-estimés de l’histoire du rock mais peu importe car, à ses yeux, la musique et les plaisirs qu’elle procure valent bien mieux que la célébrité…
(Stéphane Soupart - Photo: © Etienne Tordoir)
Photo: Mick Taylor (à droite) aux côtés de Bob Dylan (à gauche) au Stade de Schaerbeek à Bruxlles (Belgique) le 9 juin 1984






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