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Né un 16 janvier: Paul Web alias Rustin’Man, loin de la fureur et du bruit

parStéphane Soupart
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16 Jan 2026 10h00
Paula Webb à droite - Talk Talk
© Etienne Tordoir

Paul Webb a vu le jour à Londres en1962 en Angleterre. Il est surtout connu comme bassiste de Talk Talk et a ensuite poursuivi sa carrière, comme musicien et producteur, sous le pseudonyme incongru de Rustin’ Man

Comme souvent à l’époque, les fans de musique se cherchent et se reconnaissent dès les bancs de l’école. Il use ainsi ses fonds de culottes aux côtés de Lee Harris, futur batteur de Talk Talk, dans la petite ville rurale de Thundersley dans l’Essex. Ensemble, ils vivent leur premiers émois au sein de Eskalator, un groupe influencé par le reuuae. Des débuts anecdotiques donc…

Ensemble, ils sont recrutés par Mark Hollis dès 1981 et ils produiront ensemble cinq albums d’une richesse exceptionnelle entre 1982 et 1991. Du premier "The Party’s Over" au dernier "Laughing Stock", ils s’émanciperont progressivement des exigences commerciales de leurs labels successifs pour finalement ciseler de longues mélopées envoûtantes aux antipodes de la pop musique.

Presque aussi discret que Mark Hollis, malheureusement décédé en février 2019, Paul Webb s’exprime assez rarement sur les années passées à ses côtés. Dans un rare entretien avec Prog Magazine en 2019, il dévoile en partie la méthode de travail au sein de Talk Talk : « Nous avions développé une manière, à mon sens unique, de travailler en épurant les chansons jusqu’à leur substantifique moelle. On avait vraiment l’ambition de créer un espace sonore à nul autre pareil. Il s’agit moins de virtuosité que de sensations à fleur de peau et d’explorations ». Dans la même interview, il indique avoir voulu retrouver les mêmes émotions pour son album "Drift Code" (2019) sous le nom de Rustin’ Man : « J’ai voulu construire des sons par couches et revenir sans cesse vers les mélodies pour les affiner, les épurer. Et retrouver ainsi, partiellement, ces atmosphères si particulières devenantloppées avec Mark ».

Après la dséparation de Talk Talk en 1991 et le magnifique chant du cygne que fut "Laughing Stock", Paul Webb adopte le pseudonyme Rustin’ Man et se concentre sur des projets plus personnels. Il fonde d’abord le duo .O.rang, explorant des sonorités expérimentales et électroniques. Trois albums verront le jour entre 1994 et 1996. En 2002, aux côtés de Beth Gibbons, ancienne prêtresse diaphane de Portishead, il signe le magnifique "Out Of Season". Quelques rares productions plus tard (notamment le groupe belge Dez Mona en 2007) et dix-sept années de hiatus, il publie coup sur coup deux albums sur Domino Records : "Drift Code" (2019) et "Clockdust" (2020). Ses premiers concerts depuis 2003 sont malheureusement annulés pour cause de pandémie et, à ma connaissance, une des seules apparitions sur scène a eu lieu à la salle De Roma d’Anvers (Belgique) aux côtés de son ami Nicolas Rombouts pour un hommage à Nick Drake en novembre 2024 intitulé "Remember For A While". 

(Stéphane Soupart - Photo: © Etienne Tordoir)

Photo: Paul Webb (à droite) avec Talk Talk au Lac de Madine près de Nancy (France) le 21 septembre 1985 avec Lee Harris (à gauche et Mark Hollis (qui se cache comme souvent)

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