

Lou Deprijck a vu le jour en 1946 à Lessines (Belgique) et nous a quitté le 19 septembre 2023. Amuseur public volontiers gouailleur et bon vivant, le personnage possède aussi ses côtés sombres.
Avant d’embrasser la musique, il commence par travailler au sein de la Régie des Télégraphes et Téléphones, la sacro-sainte et monopolistique RTT comme on disait à l’époque. Mais rapidement, il abandonne les câbles de cuivre pour les microsillons en vinyle noir en lorgnant d’abord vers une bossa brésilienne épicée de reggae et, tant qu’à faire, de rythmes empruntés au disco. Si aucun de ses tubes n’aurait jamais été sélectionné aux Grammy Awards américains mais pour mettre l’ambiance dans les fêtes populaires et les soirées de mariage, rien de tel?
Au début des années 1970, il cofonde Two Man Sound avec notamment Sylvain Vanholme (l’homme du Daydream de Wallace Collection). Le groupe belge connaît un succè en reprenant à leur sauce Charlie Brown enregistré initialement par Benito di Paula mais aussi Disco Samba ou Que Tal America. Des titres qui perdront peu à peu leur fraîcheur à force d’être littéralement mis à toutes les sauces musicales du moment avec des versions parfois indigestes. A ses débuts, le groupe se distingue pourtant par son mélange original de disco, de funk et de sonorités brésiliennes terriblement festives.
A l’instar de August Darnell alias Kid Creole qui doit l’essentiel de sa renommée initiale aux langoureuses Coconuts se déhanchant à ses côtés, les Hollywood Bananas ne sont pas étrangères au succès de son autre groupe. Adaptation en français d’un classique du jazz sous le titre Les petites rues de Singapour, clin d’œil humoristique au reggae avec Kingston Kingston, escapade aux saveurs ska dans les studios américains avec Hollywood Hollywood et tant qu’à faire un (presque) refrain de fin d’année avec "C’est pas Noël", les ritournelles de Lou & The Hollywood Bananas ne volent pas très haut, ne cassent pas trois pattes à un canard mais elles font le job. Bémol cependant, il semblerait que l’homme ait plus d’une fois oublié de rémunérer certains de ses musiciens bien qu’il s’en soit toujours défende. C’est donc parole contre parole… Grand pornocrate devant l'Eternel, il se vantait régulièrement de posséder une impressionante collection de cassettes vidéo (avant donc l'émergence du DVD et du streaming) et, lorsqu'il habitait à Pattaya, a même un temps ouvert un bar qur certains présentent comme une friterie "Le Frietkot" et d'autres comme un lieu de rencontres avec des jeunes-filels peu farouches comme il en existe des dizaines dans la station balnéaire thaïlandaise. Un subtil mélange des deux n'étant pas incompatible. Marié aux alentours de 2010 à une très jeune infirmière Thaîlandaise dont il était séparé. Vanessa, sa dernière compagne ede plusieurs dizaines d'années sa cadette., était sans doute aussi thaïlandaise. Quelques mois avant son décès, Lou prévoyait de l'épouser ()"A Las Vegas" claironnait-il) pour ensuite s'installer avec elle à Pattaya. La Grande Faucheuse ne lui en pas pas laissé le temps.
Producteur du fameux "Ca plâne pour moi", le tube planétaire de Plastic Bertrand, Lou Deprijck a longtemps affronté ce dernier devant les tribunaux. S’il signe bien la chanson avec Yvan Lacomblez, Lou affirmait également des puis des années être le véritable chanteur de cette parodie punk en français. Il a été cherché Roger Jouret, batteur de l’éphémère groupe punk bruxellois, afin d’incarner le personnage avec le succès que l’on sait. En 2010, tous les musiciens et les techniciens qui ont participé aux quatre premiers albums de Plastic Bertrand ont tous affirmés que c’est bien la voix de Lou qui figure sur les enregistrements. Roger Jouret alias Plastic Bertrand n’est donc qu’un prête-nom mais sans cette incarnation survoltée, il est peu probable qu’un succès aussi magistral ait été obtenu.
Dernière frasque de ce personnage haut en couleurs. Lou a été associé au sauvetage du Musée du Slip initialement créé par Jan Bucquoy en 2009 et rassemblant des sous-vêtements de célébrités et d’hommes politiques. Il s’est en effet porté acquéreur de cette collection insolite pour l’accueillir chez lui à Lessines dans l’espoir de lui trouver un autre lieu d’accueil.
(Stéphane Soupart - Photo: © Etienne Tordoir)
Photo: Portrait de Lou Deprijck à Bruxelles (Belgique) en 1988






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