

Le natif de Los Angeles, en 1960, a largement dépassé le demi-siècle de carrière. Et il n’a rien perdu ni de son acuité d’écriture, ni de sa gouaille…
Encore gamin imberbe (il avait à peine 10 ans), il ne possédait pas encore cette maestria qui est aujourd’hui la sienne mais trouvait déjà des noms de groupes plutôt croquignolets : The Light Bulbs d’abord puis Sudden Death Overtime ! Il raconte dans le détail tous ces épisodes de sa trajectoire musicale (et beaucoup d’autres) dans ses succulentes mémoires "I Wouldn't Say It If It Wasn’t True" parues à l’automne 2024. Il n’oublie évidemment pas The Dream Syndicate, ce quatuor avec lequel il a enfin atteint le firmament du succès au début des années 80. avec "The Days Of Wine And Roses" (1982) et "Medicine Show" (1984).
Il était récemment en tournée, avec sa seule guitare acoustique, pour présenter "Make It Right", un disque qui s’écoute en complément de son livre. Et comme il possède un réel talent de conteur, voici quelques extraits choisis de ses, longues mais passionnantes, interventions entre chaque chanson.
Steve se souvient ainsi de l’excitation qui s’est emparée des membres de The Dream Syndicate lorsque le label Slash Records de Los Angeles leur propose d’enregistrer pour eux. "Nous allions nous retrouver sur le même label que certains de mes héros du moment comme The Gun Club, Green On Red ou The Blasters. C’était presque trop beau pour être vrai. Quand ils nous ont annoncé ne disposer d’aucun véritable budget pour nous, cela n’a pas refroidi notre enthousiasme. Et quand ils ont ajouté qu’il nous faudrait enregistrer et mixer les neuf titres de "The Days Of Wine And Roses" en trois… nuits, de minuit à 8h du matin, on a simplement répondu : "On peut le faire". Et… on l’a fait !".
Grâce à ce premier succès d’estime, Steve Wynn explique alors avoir été courtisé par tous les grands labels de l’époque, de Geffen à EMI. Finalement, c'est A&M qui emporte la mise. Sous la houlette du producteur Sandy Pearlman (Blue Oyster Cult), le processus d’enregistrement a été long et douloureux. "Il nous faisait tout reprendre à zéro presque chaque jour. C’était épuisant mais l’album a quand même fini par prendre forme. Nous n’étions plus le groupe que nous étions deux ans plus tôt. Des années plus tard, je considère cette expérience comme une toile blanche sur laquelle un nouveau groupe a commencé à prendre vie". Cela donnera "Medicine Show" qui reste sans aucun doute le meilleur album de The Dream Syndicate.
Lors de son dernier passage au très intimiste Witloof Bar du même Botanique, seul à la guitare voici juste un an, Steve Wynn a pris plaisir à distiller quelques bonnes feuilles et anecdotes de (retenez votre souffle) « I Wouldn’t Say It If It Wasn’t True: A Memoir Of Life, Music And The Dream Syndicate ». Il revient cette fois à l’Orangerie le 5 février accompagné par The Dream Syndicate et ce sera forcément plus électrique. Mais si il lui en reste quelques copies d ses épaisses mémoires, il viendra certainement en signer quelques copies et tailler ue bavette avec ses fans. Il adore ça !
Concerts:
4 février: Le Hasard Ludique - Paris (France)
5 février: Botanique - Bruxelles (Belgique)
(Stéphane Soupart - Photo : © Etienne Tordoir)
Photo : The Dream Syndicate backstage au Futurama Festival de Deinze (Belgique) le 23 septembre 1984. Steve Wynn est le deuxième en partant de la gauche





Liens Rapides