Alors que les études scientifiques se sont multipliées sur le sujet, personne n’est allé aussi loin dans les tests que Donald Unger, allergologue californien.
Pour répondre à cette fameuse question, à savoir “est-ce que craquer ses doigts provoque de l’arthrite ?”, et peut-être casser le mythe, Unger a décidé de faire craquer les doigts de sa main gauche pendant pas moins de 50 ans !
Voici ce que l’étude, parue dans la revue Arthritis and Rheumatism en 1998, en dit : "Pendant cinquante ans, l'auteur a fait craquer les articulations des doigts de sa main gauche au moins deux fois par jour, en ne touchant pas à celles de sa main droite afin qu'elle serve de contrôle. Par conséquent, les articulations de la main gauche ont craqué au moins 36 500 fois, pendant que celles de la droite n'ont craqué que rarement et de manière spontanée. À la fin des cinquante années, ses mains ont été comparées pour juger de la présence ou non d'arthrite".
Même constat, échantillon différent
Après cette expérience originale, les conclusions de Donald Unger, qui a admis que son échantillon était fort restreint (5 doigts), ont été confirmées par d’autres études par la suite, notamment celle de Rebecca Ortolano, Kevin deWeber et de Mariusz Olszewski qui ont fait appel à 215 participants. Publiée dans le Journal of American Board of Family Medicine, leur étude a révélé un constat identique : des jointures qui craquent au niveau des doigts ne provoquent pas de l’arthrite.
Grâce à celui qui a remporté un prix Ig Nobel, récompensant l’originalité et l’imagination, en 2009, le mythe a donc été brisé, craqué, détruit. Et le bruit de craquement alors ? Il ne s'agit pas d’os qui craquent mais bien de bulles dans le liquide synovial qui éclatent.
(Raphaël Liset - Source : RTBF - Illustration : © Unsplash)
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