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Né un 2 août : Pete de Freitas, le batteur de Echo & The Bunnymen disparu trop tôt

parStéphane Soupart
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02 Aug 2025 11h00
Pete de Freitas
© Etienne Tordoir

Peter Louis Vincent a vu le jour en1961 à Port of Spain (Trinidad-et-Tobago). Avant qu’il ne rejoigne les Bunnymen en 79, une simple boîte à rythmes faisait office de batterie au sein des Buynnymen

Fils dʼun avocat spécialisé en droit dʼauteur (une spécialité très utile pour discuter contrats avec un label), il passe son enfance entre les Caraïbes et lʼAngleterre. Il poursuit alors de très catholiques études chez les Bénédictins à la Downside School, dans le Somerset. Un passage anecdotique puisqu’il préfère marteler les peaux de sa batterie plutôt que de se taper des études universitaires. En découvrant la capitale londonienne à 19 ans, il ne rêve que de former un groupe. Dès 1979, il remplace la trop rachitique boîte à rythmes surnommée Echo selon la légende au sein des Bunnymen, une jeune formation new wave née Liverpool quelques mois plus tôt. On peut dire que ses comparses Ian McCulloch, Will Sergeant et Les Pattinson gagnent au change ! 

Toujours un peu en retrait, le bassiste Les  voit ainsi le trio chant-guitare-batterie développer sous ses yeux le son si spécifique des Bunnymen. Pete De Freitas n’a jamais caché son admiration pour Budgie, le fantasque percussionniste inventif qui joue le même rôle d’armature centrale que lui au sein de Siouxsie And the Banshees.

Jusqu’en 1989, date de sa tragique disparition dans un accident de moto il enregistre les cinq premiers albums des Bunnymen. "Crocodiles" (1980), "Heaven Up Here" (1981), "Porcine" (1983) et, surtout, "Ocean Rain" (1984) brillent toujours du même éclat au panthéon discographique du groupe. Bien entendu, la conjonction de ces trois fortes personnalités génère des chefs d’oeuvre comme "The Killing Moon" mais également d’innombrables tensions et un chapelet d’excès au point, comme il l’avouera lui-même, de mettre sa santé mentale en péril. « Il y avait des disputes continuelles, des accidents, des arrestations (Ian a une fois passé la nuit au poste de police de Leuven avec Richard Jobson venu lui prêter main forte)… Cʼétait la folie complète. Ensuite, jʼai réalisé que je devenais dingue ! »

Parallèlement aux Bunnymen et pour changer d’air, il collabore discrètement avec dʼautres artistes, produit le premier single de The Wild Swans et fonde brièvement un autre projet, The Sex Gods lors dʼune pause du groupe en 1985. Lorsque le quatuor se retrouve en 87, une partie de la magie s’est malheureusement envolée. Pete se marie la même année, et sa fille Lucie naît en 1988. Tragiquement, il meurt le 14 juin 1989 dans un accident de moto à lʼâge de 27 ans, alors quʼil se rendait à Liverpool depuis Londres sur sa Ducati 900cc. Il rejoint ainsi dʼautres figures de la musique au sein du tristement célèbre "Club des 27" (Jimi Hendrix, Kurt Cobain, Amy Winehouse ou Jim Morrison par exemple). Ses cendres reposent à Goring-on-Thames.

(Stéphane Soupart - Photo : © Etienne Tordoir)

Photo : Pete de Freitas avec Echo & The Bunnymen sur la scène du festival de Torhout (Belgique) le 5 juillet 1987

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