

Il a vu le jour le 4 mars1951 dans le Yorkshire anglais et n’a jamais caressé d’autres ambitions que cajoler son impressionnante collection de guitares. Chris Rea vient de nous quitter en ce 21 décembre à l'âge de 74 ans
Dans l’imposante fratrie Rea, quatre filles et trois garçons, les petits boulots d’été étaient tout trouvés. Il convenait d’aider le paternel à vendre ses glaces par ailleurs très réputées. Mais Chris à lui toujours voué un culte à la Stratocaster plutôt qu’à la stracciatella !
Entre 1979 et 1980, malgré des titres incongrus comme "Whatever Happened To Benny Santini ?", Chris Rea se cherche et doit subir aussi les pressions d’un label, Magnet Records, tout émoustillé par un premier succès américain avec le single "Tennis". On peut cependant affirmer qu’aux yeux même de l’artiste, sa carrière ne prend un véritable départ qu'avec son album éponyme de 1982.
Chris Rea commence alors à peaufiner un répertoire de ballades ourlées de notes électriques alanguies. En effet, il a toujours opté pour la délicatesse laissant à ses collègues plus nerveux le soin de pousser leurs amplis dans leurs derniers retranchements, voire même de fracasser leur instrument de travail. Chris Rea reste lui toujours un gentleman...
Le guitariste (aussi chanteur et compositeur ne l’oublions pas) a toujours affirmé une préférence pour la moins chère de ses six cordes : une Italia Maranello toute de bleu vêtue. C’est aussi un trait de caractère symptomatique d'un gars peu enclin à parler de lui-même ou à disséquer ses chansons. "Ma musique raconte tout" m'a-il plusieurs fois affirmé lors d'interviews qui ne s'éternisaient jamais.
Auteur d’environ 25 albums studio, on l’imagine (à tort très certainement) avoir composé dans un hamac ces mélopées que sont "Looking for The Summer" "Loving You" (1982), "Winning" (1984), "Josephine" (1985), "On The Beach"et "Giverny" (1986). Quand la neige commence à tomber sur "Joy Of Christmas" ou "Coming Home For Christmas", quand les feux de l’enfer font frissonner de peur ("Road To Hell"), Chris Rea conserve malgré tout sa nonchalance et son flegme.
Avec ses cheveux virant au poivre et sel, optant progressivement pour un blues tranquille, Chris Rea aurait pu envisager une fin de carrière tout en douceur et vieillir comme le bon vin. Il n'en sera pas ainsi. Atteint d'abord’un cancer du pancréas en 2002, il trouve dans le blues un exutoire à la douleur et aux coups du sort. Malheureusement, l'état de santé du guitariste a continué à se dégrader. Malgré une crise cardiaque en 2016, il signe "One Fine Day" avec un certain optimisme, un album fragile et touchant sur lequel ses chansons parlent de lui mieux que de longs discours : "Do You Still Dream ?" ou "One Sweet And Tender Touch"…
Dorénavant, sa chanson "Driving Home For Christmas" prendra une coloration plus amère...
(Stéphane Soupart - Photo : © Etienne Tordoir)
Photo : Chris Rea sur la scène du Manhattan à Leuven (Belgique) le 2 mai 1985






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