

Le virtuose de la six cordes a vu le jour en 1949 à Covington dans le Kentucky et son CV est long comme le bras !
La vingtaine d’albums sous son nom qu’il a mis en boîte depuis le début des années 80 partent indéniablement dans tous les sens. Et il faut parfois s’accrocher pour le suivre dans le labyrinthe des sonorités qu’il prend un malin plaisir à tricoter en se souciant comme d’une guigne de proposer des mélodies accessibles. Avec un sourire en coin, il propose ainsi The Lone Rhinocéros sur son premier album en 1982 et, comme en écho, un Sexy Rhino sur son second en 1983. Ne vous en déplaise donc, Adrian Belew ne rechigne pas à pratiquer un certain humour baigné de second degré.
Mais ce n’est très vraisemblablement pour cette raison que tant d’artistes ont fait appel à lui. Le premier à lui mettre le grappin dessus en 1977 a été Frank Zappa, un autre dingo génial, qui l’emmène en tournée et lui offre un strapontin sur quelques albums. Son jeu très particulier et son appétit pour les pédales d’effets séduisent ensuite David Bowie. On peut l’entrendre Belew sur Lodger, un des albums les exigeants du Thin White Duke. Il sera également le directeur musicale de la tournée Sound & Vision. David Byrne des Talking Heads l’invite ensuite pour l’enregistrement de Remain In Light (1980) et la mémorable tournée qui suivra.
Par la suite, il s’associera avec Robert Fripp (un autre sorcier du son) au sein de King Crimson, un des piliers du rock progressif anglais depuis la fin des années 60. Il en résultera une poignée d’albums dont le luxuriant Discipline (1981). Pas d Rhino au tableau de chasse de Belew cette fois mais bien un Elephant Talk ! Cet acharnée de travail a ensuite enchaîné des projets, parfois abscons, parfois apaisés aux confins d’une musique de chambre inventive, sous des étiquettes variées : Les Projects, The Bears ou plus récemment The Adrian Belew Trio. Quant aux albums sur lesquels il a été invité à poser ses nappes guitaristiques, il sont trop nombreux pour être tous mentionnés. Lauren Anderson, Nine Inch Nails, Mike Oldfield, Paul Simon, David Bowie, Porcine Tree, Tony Levin, Ryuichi Nakamoto, Joan Armatrading et même Jean-Michel Jarre ont tous un jour ou l’autre décrocher leur téléphone pour l’inviter à les rejoindre en studio.
Après une série de concerts aux Etats-Unis, Adiran Belew et Jerry Harrison (ancien claviériste des TRalking Heads) donneront une poignée de concerts en Europe au mois de juin prochain. Ils entendent faire revivre les chansons de Remain In Light (1980) mais ne se priveront pas non de puiser dans leurs répertoires respectifs.
(Stéphane Massart ) Photo : © Etienne Tordoir)
Photo : Adrian Belew avsur la scène du Cirque Royal de Bruxelles (Belgique) le 1 juin 2025






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