

Depuis plus de 25 ans, Matthieu Chédid, alias -M-, s’est impose comme l’une des figures les plus créatives de la scène musicale française. Ainsi que pour ses folies capillaires
Il a vu le jour à Paris en 1971 dans une famille où la musique coule dans les veines. Et pour cause, son père, Louis Chedid, est un auteur-compositeur de renom qui a commencé sa carrière en 1972. Avec "Anne ma soeur Anne" (1985), il a été un des premiers dans la chanson à tirer la sonnette d’alarme sur le retour de la "nazi nostalgie". Quarante ans plus tard, la menace est plus que jamais d’actualité. Ecrivaine et poètesse, auteur notamment de Le sixième jour et La maison des racines, sa grand-mère Andrée lui a sans doute inculqué l’amour de la langue. Et lui a aussi ouvert le texte de "Je dis aime" (1999), une de ses chansons les plus touchantes. Son chemin était donc tout tracé mais il a seul apprivoisé la six cordes pour devenir un guitar hero hexagonal. En 2019, avec sa chanson "Une seule corde", il conte ainsi l’histoire d’une rencontre sans doute un peu enjolivée ; "Y’avait qu’une corde à la guitare/Que j’ai trouvée dans un grenier/Entre les malles et les placards/../J’ai appris à l’apprivoiser" chante-t-il dans un murmure
Guitariste virtuose, chanteur au timbre haut perché et compositeur audacieux, Matthieu -M- Chédid revendique haut et fort d’explorer inlassablement de nouveaux rivages et de triturer ses propres compositions pour les rendre méconnaissable. Tantôt pop, tantôt funk, parfois rock et même electro, il a aussi renouvelé en 2025 son amour à l’Afrique et plus spécialement pour le Mali, patrie d’Ali Farka Touré (guitariste qu’il admire) en publiant un nouveau chapitre du collectif Lamomali avec notamment Fatoumata Diawara et son complice de longue date Toumani Diabaté. Parfois insalissable mais toujours enthousiasmant, Mathieu Chédid virevolte et déboule souvent où on ne l’attend pas. Comme en 2015 avec "Louis, Matthieu, Joseph et Anna", une oeuvre familiale avec son père, son frère et sa soeur ! L’électron libre ne se refuse absolument rien et c’est aussi pour cette raison qu’on l’aime…
Au fil de sa carrière, en plus d’un répertoire personnel que certains jalousent, -M- a multiplié les collaborations éminemment prestigieuses. Il a travaillé avec Vanessa Paradis ("La Seine" pour le film "Un monstre à Paris" en 2011 puis notamment l'album "Bliss"), Jane Birkin (à la guitare sur "A la légère" en 1998), Alain Bashung (sur "Climax") et, par exemple, un duo avec Brigitte Fontaine pour son album déjanté "Kékéland" en 2001. Enumérer toutes ses collaborations, à la guitare aux choeurs, à l'écriture ou à la production, ressemblerait à un inventaire à la Prévert. Interminable, varié et intrinsèquement jouissif : Cali, No One Is Innocent, Arthur H, Albin de la Simone, Tryo, Amadou et Mariam, Diam’s, Sean Lennon, Ibrahim Maalouf, Roméo Elvis, Dionysos, son paternel Louis et quelques albums hommage notamment à The Cure. On se demande si le mot "non" appartient au vocabulaire de Matthhieu et s’il a besoin, comme la plupart des mortels, d’une moyenne de huit heures de sommeil par nuit.
Aussi généreux qu’infatigable, éternelleùent curieux et insatiable Mat aujourd’hui comme hier.il continue de surprendre et magnifiquement brouiller les pistes. Un tout grand !
(Stéphane Soupart - Photo : © Christophe Dehousse)
Photo: Matthieu -M- Chédid avec Lamomali sur la scène des Francolies de Spa (Belgique) en juillet 2025






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