

Dorénavant octogénaire, le chanteur des Who a vu le jour dans la banlieue londonienne en 1944. A son adolescence, le rock était aussi considéré comme un ascenseur social et il en a profité !
Son père travaillait en usine tandis que sa mère, atteinte d’une paralysie partielle des mains, était contrainte de rester à la maison. Contrairement à beaucoup d’autres musiciens, Roger Daltrey n’a donc pas grandi dans un environnement artistique. Les prémisses du rock encore naissant occupent les pensées de l’adolescent autrefois bon élève. Est-ce donc ce que certains esprits bien pensants ont surnommé le "démon du rock" ?
Dès le début des années '60, on peut affirmer que le chemin de Daltrey emrpuntera quelques détours avant d’arriver au sommet. A l‘époque où il était ouvrier métallurgiste le jour et s’égosillait dans les pubs le soir (sans être payé comme de bien entendu), son premier groupe s’appelait d’ailleurs… The Detours. Assez rapidement, le bassiste John Entwistle puis le guitariste Pete Townshend l’y rejoignent Ensemble, ils affrontent ainsi leur lot de galères, de celles qu’on n’oublie pas et qui forgent une indéfectible complicité.
En 1964, alors que le groupe vient de changer son nom en The Who, l’incroyable batteur Keith Moon les rejoint. Le quatuor de légende est désormais prêt pour la gloire. Et celle-ci ne les fera pas languir éternellement. Avec leur premier contrat discographique en poche, les Who sont contraints d’écrire leurs propres chansons alors qu’ils étaient rodés jusque là aux reprises. Contrairement à Lennon-McCartney chez les Beatles, Daltrey et Townshend ne signeront qu’un seul titre ensemble dans toute leur carrière. Une de leurs toutes premières compositions "Anyway, Anyhow, Anywhere".
Il est toujours difficile rétrospectivement de déceler les étincelles qui mettent le feu aux poudres. Il s’agit souvent d’une juxtaposition de plusieurs facteurs. Le jeu de scène, virevoltant voire même violent de Daltrey, marque les spectateurs. C'est un premier élément. Ensuite, annoncé par "I Can’t Explain" (1954), le premier album ambitionne de marquer son temps en prenant le titre de "My Generation". La légende des Who explose ainsi à la face du monde. Et le reste appartient à l’histoire...
Bien évidemment l’aventure des Who connaîtra des hauts et des bas, un album en public mythique ("Live At Leeds" en 1970), un détour flirtant avec l’opéra ("Tommy" en 1969) voire même un forme de grandiloquence un peu surfaite ("Quadrophenia" en 1973) et évidement quelques ruptures fracassantes. "It's only rock'n roll but I like it", d'une certaine manière...
Si la carrière en solo de Roger Daltrey ne comporte guère de chef d’oeuvre (au contraire de Pete Townshend avec "White City" en 1985), la petite dizaine d’albums studio du chanteur se laissent écouter sans déplaisir mais sans pâmoison non plus.
Au rang des anecdotes incongrues, on notera un improbable intérêt la chanson française. Dès 1987, Daltrey adapte "Cargo de nuit" d’Axel Bauer sous le titre de "Take Me Home". En 2011, il rejoint Laurent Voulzy sur son album "Lys & Love" pour "Ma seule amour".
Aujourd’hui atteint de surdité aggravée comme son comparse Pete Townshend, depuis sa ferme dans le sud-est anglais, Daltrey a écrit son auto-biographie sobrement intitulés "My Generation" en 2019. A l‘exception de quelques apparitions scéniques, il s’est fait extrêmement discret depuis…
(Stéphane Soupart - Photo : © Etienne Tordoir)
Photo : Portrait de Roger Daltrey à Bruxelles le 9 mars 1984






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