

A la croisée de la poésie etdu spoken word, sur des partitions souvent décharnées mais toujours hypnotisantes , Kae Tempest est la digne héritière de Anne Clarke et a vu le jour à Londres en 1985 à Londres, dans le quartier de Brockley au sud-est de la ville
Poète·sse de formation, Kae Tempest se fait d’abord connaître par le spoken word, une discipline héritée à la fois du hip-hop et d’une poésie scandée avec parfois un débit de mitraillette comme sur "Statue In The Park". Directe, souvent avec la puissance d’un uppercut, sa poésie explore les thèmes de l’identité, des profondes injustices entre classes sociales mais aussi de l’asphyxiante solitude urbaine et de la quête de sens dans nos société fragmentées. Parfois aussi, comme une éclaircie passagère, elle nous parle d’histoires d’amour qui sans devenir des contes de fées ne se terminent pas toujours mal.
En 2013, Kae Tempest publie "Brand New Ancients", un long poème narratif qui revisite les mythes grecs dans une optique contemporain ancrée dans les soubresauts sociétaux du Royaume-Uni. Une expérience dont on ne ressort pas indemne. Cette œuvre ambitieuse et terriblement novatrice remporte le Ted Hughes Award qui récompenses de nouvelles manières de pratiquer la poésie. Mais si elle reste cantonnée à des cercles restreints, cette reconnaissance marque cependant un premier jalon essentiel dans sa carrière.
Après "Everybody Down" (2014), album-concept salué par la critique, suivent "Let Them Eat Chao" (2016)," The Book Of Traps And Lessons" (2019, produit par Rick Rubin connu pour son travail avec les Beastie Boys, LL Cool J ou Run DMC et "The Line Is A Curve" (2022). Ces albums mêlent toujours rap, spoken word et musique d’inspiration électronique. Entre allitérations puissantes et messages interpellants, Kae Tempest se délecte toujours autant du tourbillon de ces mots qui, à ses yeux, possèdent chacun une valeur intrinsèque. Très personnel,son cinquième album "Self Titled" sorti en 2025, ouvre de nouveaux horizons mélodiques grâce, sans doute, au producteur Fraser T. Smith qui a notamment apporté ses lumières à Stormzy ou Adele. De nombreux invités se pressent à ses côtés comme Neil Tentant (Pet Shop Boys) pour un "Sunshine On Catford" aux intonations synth-pop. De nombreuses voix apportent aussi un contrepoint aux textes de Tempest : Connie Constance et ses arpèges aériens sur "Hyperdistillation", Tawiah sur "Bless The Bold Future" ou encore Young Fathers sur "Breathe".
Kae Tempest mène en parallèle une activité de dramaturge et romancier·ère. Sa première pièce "Wasted" a ainsi été jouée au National Theatre de Londres en 2013. Aux côtés de recueils de poésie, regroupant certains de ses textes mis en musique, son premier roman,"The Bricks That Built The Houses" est lui sorti de presse en 2016.
En 2020, Kate Tempest annonce publiquement sa volonté d’être perçue comme non binaire et adopte le prénom de Kae, un moment important tant sur le plan personnel qu’artistique. Cette affirmation nourrit jusqu’à ce jour une réflexion approfondie sur le genre, l’authenticité et la transformation de dans ses œuvre.
(Stéphane Massart - Photo: © Etienne Tordoir)
Photo: Kae Tempest sur la scène du festival Gent Jazz en Belgique le 15 juillet 2022






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